Il y a des mots qui se bousculent juste à l'entrée de la pudeur
Et si toi tu t'sens ridicule c'est simplement parce que t'as peur
Dans ce monde qui émascule les sentiments et la candeur
Pantin sur le fil funambule de l'espoir et de la douleur
Si tu y touches tu t'brûles, tu t'méfies des laudateurs
Tu sens, tu vibres, on t'manipule, tu es la quille des jongleurs
Simple numéro matricule, t’es la proie des immolateurs
ll y a des mots qui se bousculent tout au bord de l'impudeur.
Ils se nomment amour, amitié, mais t’as pas l’droit d’les prononcer
Dans notre bonne société, si tu les dis, tu vas « morfler »
T’as pas le droit et tu le sais, ceux-là te guettent pour persifler
Et t’auras beau leur expliquer, avec leur sourire gouailleur
Ils te diront qu’c’est même pas vrai, eux qui ne sont que des voyeurs
Le mot « noblesse », ils l’ont shunté, c’est de la boue qu’ils sont preneurs
Il est des mots qui se bousculent au portail de toutes les rumeurs
Tu sais toutes ces tarentules qui vont t'bouffer pour que tu meures
Ta différence c’est une pustule qui se nourrit d’leurs airs moqueurs
Et ça explose, ça te macule, t’es plus qu’une horrible tumeur
Qui bée, obscène, t'es qu’une fistule, tu vas crever de tes humeurs…
Alors, j’accroche sans préambule sur l'autel de ma liberté
Ce coeur qu''tu démantibules, car tu sais pas ce que c'est qu'aimer
Il est des mots qui se bousculent, je vous les offre sans rancœur
Ils se nomment amour, amitié, j’avais envie d’vous les chanter.