Me voilà revenue au pays de la pluie. Le vent souffle en rafales et je suis engourdie; j'ai surfé sur la vague qui m'a conduite au Puy, me laissant sur le sable de la mélancolie. Les averses se succèdent qui noient toutes mes envies, j'ai le coeur plein de larmes, de ces larmes de pluie. L'automne a toutes les armes pour préparer l'hiver, les belles feuilles tombent l'horizon est... à terre... Bonne journée.
La semaine a glissé sur les rayons d'un soleil chaleureux. Compatissant et bienveillant, il a accompagné les moments difficiles traversés par ceux qui me sont chers... A l'aube de leur hiver, les tracas se multiplient, comme autant d'averses de neige qui glacent leur paysage, faisant tomber les feuilles des arbres d'illusion. Quand se déplacer ressemble à un cross au milieu du Sahara, quand monter les marches d'un escalier équivaut à l'ascension de l'Everest, les jours ressemblent alors à un safari mal organisé dans la jungle d'une société qui renie les personnes âgées. Un mépris sous-jacent, une condescendance bêtifiante, de quoi exaspérer ceux qui, de par leur vécu, ont prouvé qu'ils avaient leur place et n'avaient rien perdu de leur vivacité d'esprit à défaut de la vivacité du corps... Je suis révoltée par le regard porté sur les "mamie et les papy", auxquels on parle comme à des débiles mentaux, alors qu'ils sont bien plus vifs et plus intelligents que ceux qui les apostrophent ainsi... Hier, au service des urgences où j'avais conduit ma maman, je n'ai pu m'empêcher de dire à l'interne qui lui parlait comme à une demeurée sénile, que la personne qu'il avait devant lui, avait sinon fait les mêmes études que lui, avait au moins autant de culture dans son domaine comme dans bien d'autres... Qu'il ne se serait jamais adressé ainsi à cette agrégée de sciences quelques vingt ans auparavant... Je hais le jeunisme et tout ce qu'il véhicule... Je suis nostalgique du temps où la parole des anciens avait force de loi... Voilà... Mon article est un plaidoyer... pour les "vieux", pour toutes ces vieilles personnes que je vénère... et qui m'ont tant donné... Bonne soirée...
Quand tous les les Saints se réunissent pour nous offrir une trêve... avant que l'année ne s'échoue sur le sable de l'aube de la nouvelle... Le ciel et l'homme vont faire une pause... pour honorer morts et vivants. Les arbres se parent d'ailleurs de leurs plus belles couleurs et il me tarde de retrouver les senteurs automnales de la région de mon enfance. Bonne journée.
Les fonctionnaires ne pensent pas... ou plutôt sont muselés... N'exerçant pas une profession "libérale", ils n'ont qu'une seule consigne : "obéir aux directives"... Dixit le conseiller spécial de M. Sarkozy, M. Henri Guaino...
"Les professeurs auront la liberté de lire ou de faire lire d'autres textes, de rajouter des commentaires de façon à ce qu'elle serve de support à une pédagogie un peu plus globale mais elle reste obligatoire" (la lecture de la lettre)...
J'aimerais traduire le plus fidèlement possible les propos d'une prof d'histoire interviewée à la suite de cette intervention :
"Je suis professeur d'histoire. J'obéirai : je vais lire cette lettre à mes élèves. Puis j'ouvrirai le débat. Et j'autoriserai les commentaires. Sur la résonance de ce texte au moment où il a été écrit. Dans cette période sombre de notre histoire pendant laquelle la Résistance a été niée... Sous un gouvernement pétainiste qui employait des fonctionnaires... soumis eux aussi à la censure de l'état... qui donc n'avaient pas leur mot à dire sur le contenu de ce qu'ils enseignaient. Qui étaient contraints de sublimer le rôle d'un maréchal dont la gloire relevait du passé et qui conduisait la France à sa perte. Les résistants d'alors étaient des "terroristes"..."
Heureusement que certains de ces fonctionnaires ont défié cette soumission intrinsèque à leur fonction. Heureusement qu'ils ont osé prendre la parole pour se révolter contre des prises de position arbitraires.Pour que la dictature ne prenne pas le pas... pour que la liberté d'expression garde ses droits...
Elle est belle notre planète! Elle éructe des déchets... Un cri d'alarme lancé par des jeunes qui les yeux écarquillés contemplent avec effroi ce que vont leur léguer leurs aînés... Oui, cette image est issue du site créé par mes élèves, fans d'écologie...
Je vous en parle avec beaucoup de fierté... Oh, oui, je suis fière d'eux, fière de leur engagement et de leur discernement...
P.A.P.E.R : c'est le nom qu'ils ont trouvé pour ce site étonnant de maturité et de richesse pour des enfants de dix ans... Allez à leur rencontre... Entre autres, ils ont créé des chants qu'il faudrait faire entendre à tous ces grands imbus de leur personne et qui pensent encore que les plus jeunes sont aveugles...
PS: pour ceux qui n'auraient pas encore compris, il suffit de cliquer sur le mot "P.A.P.E.R" au dessus... C'est le lien qui vous emmène sur leur site... Clin d'oeil à Yvon... Et mille pensées à tous... Et notamment à Solène, Léo, Noémie...
Dans l'aube de cette nouvelle semaine, le gris domine, se conjuguant à toutes les teintes... "Un jour d'après", un jour d'automne, la terre s'endort, veut hiberner... Et j'aimerais bien l'imiter... Juste pour me reposer... Mais les vacances arrivent... "Déjà!" vont clamer certains... Les vingt-quatre pirates, eux, qui ont la rage, ne seront pas d'accord avec vous... Ils montent sans cesse à l'abordage, ne désemparant jamais... Or, le capitaine est fatigué... Bonne journée...
Quand le vent de la fatigue souffle avec perversité, votre corps, perfide, vacille sur ses bases et même si votre âme clame qu'elle, elle va bien, le doute s'infiltre par toutes les voies, provoquant des trous d'air qui vous secouent de façon vertigineuse. Le tout est d'éviter le crash... Car pilote d'un avion familial, j'ai dans les mains tous les outils de navigation, et toute mauvaise lecture ou défaillance risque d'entraîner la chute de mes passagers, lesquels ont un besoin viscéral de ma voix dans le cockpit.. et même si, à la lecture des écrans radars, la saison des tempêtes s'annonce, je dois faire un vol sans escale dans l'Hudson ou la mer Méditerranée... Bonne journée...
Le fait que tu te poses des questions est à mon humble avis positif... C'est un premier pas... Le souci, c'est de ne pas reculer... par peur de cet inconnu qui apparaît parfois insurmontable... Et c'est là que le courage entre en lice... Se dire "pourquoi pas" est une avancée... Dépasser ce pourquoi pas en enlevant le "pas", en plongeant dans les abysses d'un passé parfois glauque à nos yeux, c'est un défi majeur... Et la plus belle récompense vient quand on a vaincu ces démons invisibles en leur faisant une sorte de pied de nez... Même s'ils sont toujours là; à l'affût... C'est un combat rude, épuisant, mais qui apporte une satisfaction personnelle que seuls ceux qui l'ont vécue peuvent réellement concevoir... Une fierté intense... Une reconquête de sa propre dignité... Ne plus se laisser dominer par la maladie, mais la contourner, "lui montrer" qu'on en a compris les mécanismes et que l'on dispose des capacités intellectuelles suffisantes pour la déjouer... Encore une fois, ce sentiment m'appartient... Oui, je suis fière de ce que je suis... Car je me sens courageuse, et je n'ai pas honte de le dire et de m'en enorgueillir... Car, seuls ceux qui ont franchi ces obstacles savent à quel point ils sont au départ inaccessibles... Seuls ceux qui sont sous l'emprise de ce monstre sans visage connaissent la volonté qu'il faut pour garder le cap... Mais la lumière pointe au bout du tunnel... et avec elle, l'espoir d'une vie apaisée... dans laquelle je serai maîtresse de mon destin et non plus sous la coulpe d'un marionnettiste machiavélique... Non, je ne suis pas une marionnette.. et je ne veux plus que mes actes ou mes pensées soient induits par cette force de destruction qui nous caractérise, nous, les anorexiques... JE VEUX ETRE LIBRE... et j'y parviens chaque jour un peu plus... Et l'espoir, je l'ai chaque jour un peu plus aussi... Même si ce n'est pas toujours facile... Bisous
Un cri originel: rester une petite fille... celle dont les yeux scintillent des milliers de paillettes d'espoir... celle dont le rêve égocentrique est d'être la princesse héroïne de l'univers de sa mémoire : rencontrer le prince charmant qui la protègera de son plus grand ennemi: le temps qui passe... Monstre sans visage qui balaie de son souffle machiavélique... tous les rêves d'enfant... des espoirs qui parfois, souvent, sont étouffés , comprimés au point de devenir "désespoir"... Un mensonge à l'échelle d'une vie humaine, qui, s'il n'est pas avoué conduit à la plus grande catastrophe interplanétaire personnelle qui soit... Construire sa vie sur une chimère... Et contempler dans le miroir ricanant un reflet qui vous souffle " Tu n'es pas la plus belle, non, stupide et crédule créature, tu n'es que l'ombre de ce que tu n'as jamais su être"... Carpe diem.... Bonne soirée...
Coucou, "X"... J'espère que ton appel t'aura un peu soulagée.... Pour moi -et ça n'engage que moi- l'anorexie est un refuge dans lequel on peut trouver une tranquillité fallacieuse... pour échapper à soi même tout en attirant l'attention... pour trouver les excuses qui nous dédouanent de nos erreurs... Car je n'ai jamais su assumer mes erreurs... il me faut un bouc émissaire... un tiers, quelle que soit la forme qu'il prend... Humain, sentiment, maladie... "Regardez comme je suis malheureuse et vous ne m'aidez pas": c'est ce que je portais en bannière sur mon visage et mon corps torturés... Je n'avais pas compris que pour qu'on m'aide, il fallait que j'accepte de reconnaître mes faiblesses, qu'il fallait que je me remette en cause autant que de mettre en cause ce que la vie m'a fait endurer... On influe sur son destin... C'est aussi simple et cartésien que cela... On n'agit pas sur certains évènements, mais on les modèle ensuite avec sa personnalité propre... Comme je te l'ai dit hier, on m'a appris à ranger le passé dans des tiroirs, sans rien oublier, mais en remettant à leur juste place les moments les plus douloureux... Je m'astreins -oui, le terme est fort mais juste car ce n'est pas facile-, je m'astreins à regarder devant... Et pour cela, j'ai besoin d'énergie; et je n'ai pas trouvé d'autre moyen que de m'alimenter suffisamment afin que mon corps ne contrecarre pas mes projets... et une anorexique n'a pas de projets. Elle fait du "nombrilisme alimentaire" pour se protéger. De quoi? D'elle-même...Tu vas trouver mes propos excessivement durs... Mais je suis convaincue de ce que je te dis... Sans généraliser cependant... mais dans une proportion importante,oui, les anorexiques réagissent ainsi à cause d'un orgueil démesuré... Je m'explique : cette volonté de tout gérer, de démontrer de façon absurde que l'on peut aller au bout de ses limites sans manger alors que ces orgiaques se gavent et ne font pas le quart de ce que l'on fait... C'est jouissif... Sauf que, quand le cerveau lui est en manque, il n'est plus lucide... et les infos transmises sont erronées... Les anorexiques ne sont pas des surhumains... Ils sont comme les autres... et peut-être plus pleutres et fragiles que les autres... L'anorexie est un signe de faiblesse et non de force... C'est ce dont j'essaie de me convaincre au quotidien... Car, le combat n'est jamais totalement gagné... Pour moi, la guérison n'existe pas... complètement... Je parle plutôt de rémission... Cela peut paraître décourageant... Pour moi, non... C'est un autre challenge... Celui de la vie... Et ce combat là, j'en suis fière... Car je le gagne chaque jour, et chaque avancée me donne de l'assurance et un peu plus de confiance... Il est indéniable que mon âme et mon corps sont mieux... Et ça se voit... Et ça s'écrit... et ça se lit.... Gros bisous Lou
Mercredi... jour de repos béni pour les enseignants... En principe... Mais une nouvelle ère est née... Celle du nivellement... par quel bout? Je vous laisse deviner... Ce matin, j'étais convoquée au Havre... A mes frais... Normal, ce n'est qu'à 75 km (300 aller-retour).... Ecologie oblige, nous avons fait du covoiturage... La visite était heureusement intéressante.. Ecologie toujours. L'EANA est un centre à la fois historique et futuriste qui vous invite à survoler le temps de manière vertigineuse... Du BIG BANG à l'effet de serre altéré par l'Homme, le voyage fut intense mais passionnant. Sauf que la conclusion n'est pas gaie... Et que la multiplication des réunions à nos frais ne l'est pas non plus... Et que les mercredis, sensés être un temps de préparation ne sont plus qu'un chrono contre la montre...
Certes, me direz-vous, moi, je travaille le mercredi... Et je vous répondrai que moi aussi... même si ça ne se voit pas... Et pendant que vous êtes affalé dans votre canapé le soir devant le dernier match de foot où la dernière saison de "Desperate Housewife", moi, je peaufine les prép' du lendemain.. ou je corrige les cahiers bâclés de vos enfants. Bonne soirée...