"Nous avons plein didées, nous savons les dire, nous avons envie de les écrire, et comme nous ne savons pas encore bien le faire, la maîtresse a joué le rôle de scribe.
Nous vous offrons notre histoire comme ça"
<o:p> </o:p>Voilà pourquoi le zèbre a des rayures et court si vite
<o:p> </o:p>
<o:p> </o:p>
<o:p> </o:p>
Jadis, dans les temps très anciens, au moment où la nature était encore très sauvage, dans le pays où allaient naître les hommes, sur le continent qui allait sappeler lAfrique, il y avait des centaines danimaux qui vivaient ensemble, certains plus forts dautres moins . Le problème était que pour survivre, les uns tuaient les autres pour se nourrir Parmi les différentes espèces de la savane, il y avait des petits chevaux blancs qui se voyaient si bien au soleil quils étaient souvent pourchassés..
<o:p> </o:p>
Cétait par un bel après-midi dété : un groupe de ces petits chevaux broutait tranquillement ; on ne voyait queux au milieu des grandes herbes car leur belle couleur blanche était éclatante au soleil Une lionne qui passait par là les remarqua et se dit quil y avait là un bon repas à portée de crocs.. Elle se tapit dans les herbes, rampa vers eux et tout à coup bondit ; elle sema la panique dans le troupeau qui séparpilla en hennissant et des bébés furent séparés de leur mère. Ils étaient seuls au milieu de nulle part ; la lionne sapprochait deux en se pourléchant. Les pauvres petits étaient paralysés par la peur et la femme du roi des animaux se réjouissait déjà à lidée de pouvoir croquer de la bonne chair tendre. Mais heureusement, parmi ces petits chevaux, il en était un qui était très intelligent mais fougueux comme louragan cest pour cela quon lavait appelé Tornade- : qui comprit vite, très vite le danger ; il appela les autres chevaux en leur criant : « Venez avec moi, vite, groupons-nous pour attirer lattention de notre ennemi ! » Les autres le suivirent et cest au grand galop, un galop denfer quils se précipitèrent pour distraire celle qui croyait déjà faire son repas. La lionne vit arriver un nuage de poussière qui laveugla, permettant aux bébés de se réfugier dans les buissons, tout tremblants. Le prédateur, lui ne savait plus où donner de la tête ; car tout à coup «Tornade » lança un nouvel ordre : « Maintenant, dispersez-vous, partez chacun de votre côté ! ». Et tout le monde obéit Le félin ne savait plus après qui courir Elle tournait comme un lion en cage sans savoir vers qui aller Elle finit par comprendre que son déjeuner lui avait échappé et repartit la queue entre les pattes, piteuse et vexée.
Lalerte avait été chaude Quand le calme fut revenu, tout le troupeau se réunit pour trouver une solution.
<o:p> </o:p>
Tornade, celui qui avait sauvé tout le monde, prit la parole : « Il y en a assez de nous faire pourchasser ainsi. Nous ne pouvons pas continuer à avoir peur pour nos familles. Dans cette savane, on peut nous voir des kilomètres à la ronde Il faudrait pouvoir trouver un moyen dêtre moins visible oui, mais comment ? Ici, il ny a pas beaucoup dendroits où lon peut se réfugier et en plus ces endroits nont pas beaucoup darbres ! Et même dans les buissons, notre belle couleur blanche se voit encore trop bien ! Il faut quon essaie de se camoufler Changeons de couleur ! Devenons marrons comme les branches de ces arbres que nous apercevons là bas ! » Un autre répondit : « Oui, mais le marron dans les herbes jaune pâle de la savane se voit encore plus que le blanc. Nous ne pourrons pas nous protéger quand nous brouterons » « Alors, devenons marron et blanc ! Comme ça, on pourra se cacher dans les buissons et aussi dans les grandes herbes » reprit limpétueux Tornade.
<o:p> </o:p>
Oui, mais comment faire ? Comment changer de couleur ? Tornade se gratta le front avec son sabot. Puis il se mit à gratter le sol, soulevant un nuage de poussière ; il gratta tant et si bien quil creusa un trou au fond duquel apparut une terre humide et noire. « Jai une idée, sexclama-t-il soudain, suivez-moi ! » Il partit au galop . Les autres nen croyaient pas leurs sabots ! Ils avaient du mal à le suivre ! Tornade avait pris la direction de la mare auprès de laquelle tous les troupeaux se retrouvaient chaque jour pour boire.
Il sarrêta près dune grande flaque boueuse. « La voilà, la solution ! Roulons-nous dans la boue ! Ainsi, nous changerons de couleur ! » Aussitôt dit, aussitôt fait Le petit cheval, suivi par ses compagnons, se jeta dans la flaque Quand ils se relevèrent, ils se regardèrent et se mirent à hennir de rire Couverts de la boue noire et grasse de la tête aux sabots, ils ne ressemblaient plus aux beaux petits chevaux à la couleur éclatante qui étaient arrivés quelques temps plus tôt Ils étaient dune couleur marron noir, plutôt sale et leur belle crinière, celle dont ils étaient si fiers quand ils galopent dans la savane, nétait plus quun enchevêtrement de boue et de brindilles Mais ils étaient contents ; il semblait quils avaient trouvé une solution à leur problème Ils entourèrent Tornade pour le féliciter. Ils sautaient, ruaient de joie Le soleil lui même était de la fête
Quelques uns pourtant se plaignaient quand même. « On ne voit plus notre belle couleur blanche et dans les herbes jaunes, nous ne passerons pas inaperçus ! Tout noirs, ce nest pas un bon camouflage ! On va nous chasser quand nous brouterons ! »
Mais tout à coup, certains petits chevaux se mirent à geindre, dabord doucement puis plus fortement : « Ca me gratte, ça me démange ! »
En effet, la boue, en séchant sous le soleil généreux, faisait des croûtes bizarres sur leurs flancs et en se craquelant leur donnait des démangeaisons Bientôt, on vit tout le troupeau se secouer avec frénésie pour se débarrasser de cet habit gênant Et cest avec soulagement quils se jetèrent dans leau de la mare pour enlever les dernières traces de boue Ils ressortirent.. aussi blancs quavant !
<o:p> </o:p>
« Bon, dit Tornade, ce nétait pas une bonne idée ! Nous allons en trouver une autre » Malheureusement, ce jour-là, rien ne vint aider les petits chevaux à trouver une solution
Le lendemain, alors que certains dentre eux broutaient, un orage violent éclata. Ils se réfugièrent aussitôt sous les arbres Mais ce nétait pas nimporte quels arbres Cétait des arbres couverts de fruits noirs. Ces derniers, gorgés deau par la pluie, se détachèrent des branches et en tombant sur les chevaux à labri, firent des dégoulinades toutes noires sur leurs flancs. On aurait dit quils étaient maquillés ! Et en plus ils se confondaient avec les arbres du buisson
Malheureusement, dès quils sortirent du bosquet, la pluie, qui navait pas cessé, lava ces traces qui disparurent pour laisser place à leur belle couleur blanche ! Lorage était de plus en plus violent. Les éclairs zébraient le ciel, lui donnant une teinte étrange. Tout à coup, ils virent une couleur orange qui semblait venir de la forêt. Ce nétait pas le soleil ! Cétait un incendie ; un arbre avait du être foudroyé et le feu sétait propagé aux autres le ciel était rouge à lhorizon. Les petits chevaux étaient effrayés.. Heureusement, la pluie redoublait de violence Et peu à peu, la couleur rouge orange disparut de lhorizon, étouffée par les averses successives
Mais Tornade, à qui la scène navait pas échappé, eut une nouvelle idée : « Venez avec moi, vous comprendrez ! »
Tout le troupeau se mit en route à la suite du jeune Tornade. Ils arrivèrent là où le feu était en train de séteindre avec la pluie dorage, tout près de la rivière ; les arbres brûlés fumaient encore. Des dizaines de branches étaient tombées et faisaient un tapis sur le sol.
« Regardez ! Nous avons le moyen que nous cherchons ! » Et, sous les yeux autant inquiets quétonnés de ses camarades, sans plus attendre, il se coucha sur le tapis de branches noircies, alignées les unes à côté des autres ; il hennit de douleur car les branches étaient encore chaudes puis il se releva pour se coucher de lautre côté.
Quand enfin il se redressa, les autres le regardèrent ; ils nen revenaient pas. Le petit cheval nétait plus tout blanc ; des zébrures noires le recouvraient, lui faisant même un joli masque sur le nez. Le petit cheval alla se regarder dans la rivière : « Ouaouh ! je suis couvert de zébrures ; désormais, nous serons différents des autres chevaux ; on va nous appeler zèbres .»
<o:p> </o:p>
Tous les autres chevaux hennirent leur joie, puis se jetèrent sur toutes les branches étalées au sol ; ils ne sentaient même pas la douleur tellement ils étaient heureux dêtre maintenant différents et surtout de savoir quils allaient pouvoir échapper aux méchants lions
<o:p> </o:p>
Pendant un temps long, très long, les zèbres connurent la paix Ils étaient heureux quoi Ils sémerveillaient toujours de lidée géniale quavait eue Tornade : les lions préféraient galoper après dautres animaux, tels que les gazelles et les antilopes et les laissaient tranquilles Eux, ils se pavanaient en sadmirant les uns les autres, allaient se regarder dans leau de la mare, caracolaient en exhibant fièrement leur nouvelle robe Ils ne se sentaient plus de joie Insouciants, ils en oubliaient le danger Ils jouaient à cache-cache dans les hautes herbes, restaient immobiles dans les bosquets darbres, pour surgir et faire peur à leurs camarades Ils couraient, crinière au vent, puis sarrêtaient pour savourer lherbe qui leur servait de déjeuner Ils jouaient, mangeaient, dormaient Le bonheur Ils en avaient presque oublié quils ne vivaient pas seuls dans la savane
<o:p> </o:p>
Un jour, ils virent un léopard se ruer une gazelle Enfin, ils virent deux éclairs passer comme le vent Tornade se mit à rêver quil courait aussi vite queux Oui, il avait envie de faire la course ! Il invita ses camarades zèbres à courir avec lui Oh, oui, ils couraient vite certes, mais certainement pas aussi vite que le léopard ou la gazelle Tornade était déçu Il se mit dans la tête de devenir le meilleur coureur de la savane Oui, mais comment ?
Il pensa tout dabord organiser un concours Lespèce qui le remporterait deviendrait célèbre, avec les meilleurs sprinters de brousse Comment convaincre toutes les espèces de participer à ces jeux olympiques de la savane ? Cétait une tâche impossible ! Réunir les prédateurs et leurs victimes ! Mieux valait abandonner cette idée Comment imaginer une lionne courant A CÔTE dune antilope et pas APRES elle ? Ou un léopard faisant la même chose avec une gazelle Non, cétait un rêve impossible à réaliser
<o:p> </o:p>
Il en était là de ses pensées quand un jeune zèbre, un brin fougueux, se fit piquer par un insecte Fou de douleur, il partit comme léclair Jamais Tornade navait vu un des siens courir aussi vite !!! « La voilà la solution, pensa-t-il tout excité , il faut aiguillonner les chevaux ».. .
Oui, mais léperon nexistait pas encore Et il nétait pas vraiment raisonnable de chercher à faire mal simplement pour le plaisir de courir comme le vent
<o:p> </o:p>
Tout triste, Tornade renonça à ses rêves Ses amis couraient avec lui, jouaient avec lui, mais en cas de danger, Tornade se demandait sils seraient capables de séchapper pour sauver leur vie
Il eut la réponse plus tôt que prévu
<o:p> </o:p>
Cétait par une soirée paisible Le troupeau sétait regroupé non loin du point deau. Le ciel était clair, seules quelques étoiles jouaient à cache-cache avec la lune. Tornade huma lair. Tout respirait la tranquillité. Ses compagnons sétaient endormis. Il soupira daise ; les bruits de la savane le berçaient Il glissa à son tour dans le sommeil Il fit un rêve : il faisait jour, ses amis jouaient à se cacher dans les buissons Ils hennissaient pour montrer leur plaisir ; en même temps, on entendait un autre bruit, comme un ricanement Tornade sagita dans son sommeil, mal à laise
<o:p> </o:p>
Il fit un deuxième rêve : le grand bal des animaux sauvages avait lieu ce soir-là. Tout le monde était arrivé masqué. De manière à ne pas tenter les prédateurs ! Cest ce que pensa Tornade dans son rêve Car effectivement, lions, hyènes, gazelles, antilopes, gnous, buffles bref, tout ce petit monde se côtoyait pour cette journée de trêve La fête était très réussie ! Il y avait de la musique, une musique entraînante qui sappelait « Le Carnaval des animaux » Tout le monde dansait et riait quand tout à coup, tout le monde entendit de nouveau ce drôle de bruit Ce ricanement Tornade se réveilla brusquement
<o:p> </o:p>
Il regarda autour de lui Tout était normal, les bruits de la savane habituels Cétait une sorte de cauchemar Pourtant ? Il se rendormit Il était cette fois près du grand arbre Vous savez, celui qui est le seul jeu des enfants du désert Grand, très grand ; le vent souffle dans les branches Et Tornade entend une petite voix : « Au secours, aidez-moi, elles vont me tuer » Et lécho répond « Au secours, aidez-moi, elles vont me tuer » Larbre est-il hanté ? Il sen approche. Le ricanement est de plus en plus fort ! Cest un ricanement méchant, qui vous fait couler de leau dans le dos tellement il ressemble à celui des sorcières. Cest un bruit strident Un bruit qui veut dire « DANGER » .
<o:p> </o:p>
Tornade se réveilla totalement. Il sauta sur ses quatre sabots Cette fois-ci, il savait que ce ricanement quil avait entendu dans tous ses rêves ne pouvait pas en être un. Le cauchemar devenait réalité. Ce nétait pas un rire, mais des rires qui les encerclaient. Six yeux brillaient dans lobscurité. Des lueurs inquiétantes qui étaient proches, si proches TROP proches Il rua, il hennit un hennissement énorme, si puissant que toutes les crinières se hérissèrent ! Les zèbres étaient perdus, affolés ; Tornade les avait sortis dun sommeil profond « SAUVEZ-VOUS ! VITE ! COUREZ ! »
Lordre avait claqué, sec, impérieux. Les zèbres ne réfléchirent pas une seconde. Glacés dune peur qui leur montait dans le ventre, ils partirent comme des fous. Comme si le diable leur courait après ; comme si leur vie en dépendait. Et cétait le cas : ils volaient comme le vent, poursuivis par trois hyènes en furie, furieuses davoir été démasquées. La colère leur donnait aussi des ailes. Cependant, elles nétaient que trois. Et quand ils se dispersèrent, elles eurent un instant dhésitation. Cet instant sauva la vie de ceux qui étaient directement menacés. Les hyènes les virent séloigner sans pouvoir les rattraper. Dépitées, elles sarrêtèrent puis firent demi-tour. Ce nest que bien après que nos héros comprirent quelles avaient renoncé Ils sarrêtèrent, épuisés, vidés hagards Heureusement Tornade reprit vite ses esprits, et le commandement du troupeau. Il rassembla tout le monde et leur dit : « Nous avons eu la plus belle frayeur de notre vie Mais nous pouvons être fiers et rassurés ; nous savons maintenant que nous pouvons courir vite, très vite. Nous savons désormais que nous pourrons encore échapper à nos prédateurs »
Il fallut plusieurs jours pour que les zèbres retrouvent leur calme et leur joie de vivre. Lombre des hyènes planait au-dessus deux. Le moindre bruit leur faisait dresser la crinière et ils étaient toujours en alerte. Mais peu à peu, la vie reprit son cours. Et petit à petit, lharmonie régna de nouveau.
<o:p> </o:p>
Tornade devint le chef du troupeau. Il veilla avec tendresse sur ses compagnons, lesquels étaient rassurés davoir un chef si intelligent et valeureux. Les hyènes et les lionnes se méfiaient désormais. Elles préféraient chasser dautres animaux. Et cette « entente » régna bien après que Tornade et les siens eurent disparu . Les petits chevaux blancs étaient devenus « zèbres » et les arrière arrière-arrière petits enfants de Tornade racontent encore à leurs enfants cette histoire Une histoire à dormir debout
Depuis tout ce temps, la savane na pas changé . Si. « Lanimal à deux pattes » qui a surgi il y a quelques dizaines dannées rend la vie des animaux plus difficile Cest le plus grand des prédateurs. Il est armé de machines qui tuent On lappelle « LHomme ».
<o:p> </o:p>
<o:p> </o:p>
<o:p> </o:p>