Les fougères apparaissent, végétation plus dense
Les souvenirs affluent, me martèlent en cadence
Au gré des kilomètres, la route rétrécit
J'arrive au bout du Monde et le temps s'est enfui
Des fantômes un à un, viennent à ma rencontre
Irène est la première, toute chenue et voûtée
Un panier à la main qu'elle a elle-même tressé
Débordant de girolles, le seul or que l'on montre.
Viennent ensuite les Lamoure, si fiers de leur troupeau
Ces vaches limousines, et Pompon le taureau
François aussi est là, sur la pierre, au soleil
Un vieux célibataire, on dirait qu'il sommeille
Et tout au bout là-bas, perchée sur le perron
Il y a ma grand-mère qui m'attend, imposante
Poings calés sur les hanches, elle écoute, souriante
Les bruits de notre vie qui emplissent sa maison.
La cheminée gourmande dévore, gargantuesque
Les troncs de ces forêts qui ont fait sa fierté
Dans un baroud d'honneur, ils périssent, dantesques
Eclairant le cantou dans l'ombre, illuminé.
Ici, il y a la TERRE, celle qu''il faut vénérer
Parcelles de promesses, avenir tout tracé :
"Jean Paul "des Escouailles" il te faut épouser
C'est un homme de biens, familles associées
Et ... Chut! Tais toi un peu! J'écoute le "Belar"
Qui se chamaille encore avec "l'Alphonsine".."
Mais... Je suis arrivée, le silence m'opprime
Je contemple tristement le perron déserté
Et soudain j'ai si froid, trop envie de pleurer
Or je n'ai pas le droit.. Marraine me gronderait...