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Coups de sang, coups de gueule... sincères...

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Seven

Mano s’est installé sur la banquette, dans un recoin de la salle qui lui ouvre une perspective à la fois sur le boulevard et sur les allées et venues des clients. Les silhouettes lui sont familières et c’est avec un soupir d’aise qu’il se laisse aller, bercé par leurs conversations. La serveuse qui s’avance arbore un grand sourire en lui lançant :

-         Comme d’habitude ?

-         Oui, comme d’habitude.

Economie de mots mais Mano lui sourit en retour. Un rituel réconfortant qui permet d’alléger la tension qui lui enserre à la fois la tête et le cœur. Quelques instants qui reviennent en flashes, sans arrêt, à la manière d’un film mal déroulé : « Mademoiselle » qui bouscule l’intérieur poussiéreux de sa vie,  « Mademoiselle » qui l’interpelle d’un air mutin, « Mademoiselle » qui le frôle en attrapant l’objet de sa convoitise, « Mademoiselle » qui disparaît avant même qu’il ait vraiment pris conscience de ce qui lui arrivait. Et de nouveau, la porte se rouvre, et les images se ruent encore et encore…

Le fumet d’une omelette au lard chatouille ses narines ; c’est avec effort qu’il revient à l’instant. La serveuse est campée devant lui, l’assiette dans la main. Un nouveau sourire. Echange de civilités. La serveuse s’éloigne. C’est avec reconnaissance qu’il attaque l’omelette. Un geste simple qui le ramène définitivement à la réalité.

 <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

Il est midi. Mya est désemparée. Le papier informe à la main, elle ne sait ce qu’elle doit faire. Retourner dans la salle d’attente ? Elle pourrait, car le délai d’attente lui garantit presque que son tour n’est pas encore venu. Mais elle n’en a pas envie. Elle décide pourtant de rebrousser chemin et pénètre à nouveau dans l’hôpital. L’odeur spécifique l’assaille à nouveau. Elle regagne le département « nutrition ». En passant devant le secrétariat, le sourire de l’hôtesse emporte sa décision. Elle ne se présentera pas au rendez-vous ce jour. Son désistement ne fera que soulager l’emploi du temps de ministre du professeur. C’est avec un grand sourire qu’elle s’apprête à faire un pieux mensonge à la secrétaire :

« - Excusez-moi, mais « je ne suis pas encore passée ». Or, j’ai un autre rendez-vous dans une heure. Et comme je dois prendre le bus… »

Cette dernière compréhensive, et peut-être soulagée, acquiesce :

« - Oui, nous sommes désolés, aujourd’hui, Monsieur Dermotte a beaucoup de retard. Mais, je peux vous proposer un autre rendez-vous ? »

Mya est rassérénée. Elle va pouvoir s’échapper. C’est à peine si elle prête attention aux différents horaires proposés. De toute façon, elle est disponible… Comme tous les patients…. Qui n’ont d’autre choix que d’être… patient… Elle attrape au vol le carton de rendez-vous, et gagne la sortie, portée par une envie irrépressible de fuir. Ce n’est qu’en dehors de l’enceinte du CHU qu’elle s’autorise une pause. Le temps de repérer l’arrêt de bus qui la reconduira en ville. Elle s’affale sur le banc abrité par le plexiglas. Elle peut enfin souffler.  Le papier est toujours dans sa main. Elle le contemple, comme un trésor. Ce n’est pourtant qu’une page d’agenda arrachée, sur laquelle une main tremblante ou malhabile a tracé ces chiffres qui la tiennent en haleine. Dix chiffres. Qui sont aussi importants pour elle qu’une combinaison de coffre. D’ailleurs, qui sait ? Peut-être sont-ils le sésame qui lui permettra d’ouvrir la caverne… vous savez, celle qui contient le plus beau des trésors : le bonheur. Le bus arrive. Mya plie fébrilement le bout de papier écorné et le range dans son portefeuille. Vite, les portes s’ouvrent. Elle s’engouffre dans le car, lequel referme la parenthèse mais dont elle sait au creux de son cœur, qu’elle va se rouvrir un jour.

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Une parenthèse dans l’univers « speedé » de Lou. José l’a ouverte. Mais pourquoi ? POURQUOI ? Ce « pourquoi » la taraude désormais. Mais elle a peur de briser cette symbiose en posant ouvertement la question :  « Pourquoi as tu souhaité me revoir ? »

 

Mano a terminé son repas. Et une question l’obsède : « Va-t-il la revoir ? »

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Mya voit défiler les rues. En fait non, elle ne voit rien. Une image : un livre, «Vous revoir ». Une seule interrogation : « A qui appartient ce numéro de téléphone ? »

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Trois personnes parmi des millions. Trois êtres dont l’obsession simultanée est de résoudre une question existentielle. Celle dont ils savent intuitivement que la réponse contient la clé de leur destin.

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Tian erre, désorienté, tel le cerf traqué par une meute intérieure. Chasse à courre dans laquelle il est à la fois le chasseur et le gibier. Il a quitté soudainement Mya, indécemment même. Il a tourné le dos à la seule personne qui lui ait jamais tendu la main depuis des lustres. Mais il n’a pas pu. Il n’a pas su répondre à ce geste spontané qui lui a semblé si sincère qu’il en était irréel. Lâche, veule, ce sont les qualificatifs qu’il s’octroie depuis qu’il a quitté les marches de l’hôpital comme un voleur. Il a eu le temps d’observer Mya. Il a vu la tristesse gagner son visage, la bouche d’abord, qui s’est tordue en une moue plaintive, puis les yeux. Les yeux, dont le bleu océan est devenu gris, le gris de la tempête qui s’annonce avant de tout noircir. Et il n’a pas supporté. Il n’a pas supporté ce qu’il voyait car dans ces yeux se reflétait le sceptre d’Hadès, celui qui permet à ce dernier de conduire les âmes au royaume des morts. Oui, la lueur qu’il a entrevue était vacillante, prête à s’éteindre au moindre changement volumétrique. Il s’est senti aspiré dans une autre dimension, celle que le regard avait rejointe quand ils s’étaient tus. Lui, le premier, avait fui dans son monde intérieur pour combattre le démon qui reprenait de la vigueur au fur et à mesure que la conversation s’étiolait. Quand de gibier il était redevenu chasseur, il avait pris conscience que c’est elle qui avait décroché. Il ne savait pas sur quelle rive elle avait débarqué. Mais vu l’expression de son visage, elle avait du y échouer comme après un naufrage, frigorifiée et exsangue. Et la souffrance qu’il avait lue lui avait rappelé un tableau de Edward Munch « Le cri »…Il se rappelait aussi la citation du peintre, en fait, il la connaissait par cœur… «  Je me promenais sur un sentier avec deux amis - le soleil se couchait - tout d'un coup le ciel devint rouge sang - je m'arrêtais, fatigué, et m'appuyais sur une clôture - il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et la ville - mes amis continuèrent, et j'y restais, tremblant d'anxiété - je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers. » Oui, tout était devenu rouge autour de lui, ce rouge vermillon au goût de sang qu’a  la curée… C’était toutes ces sensations qui l’avaient conduit à fuir car il sentait qu’il ne saurait contenir plus longtemps ses émotions . Il avait fait un effort surhumain pour ne pas l’attraper dans ses bras et lui dire, lui dire qu’il savait ce qu’elle ressentait. Lui dire aussi qu’il se sentait attiré par elle, mais que leur rencontre d’une heure ne pourrait jamais être celle d’une vie car elle serait alors vouée à l’échec.

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José respecte le cheminement intérieur de Lou. Il lit sur son visage si expressif toutes les émotions qui l’animent. En quelques secondes, de serein, ce visage si mobile est devenu inquiet. Le désarroi lui donne une expression maintenant pathétique. Il sent les affres du doute la gagner. Il la connaît si bien qu’il devine ce qui se passe en  elle : elle ne comprend pas ; elle ne comprend pas pourquoi il fait de nouveau irruption dans sa vie, en bousculant la routine qu’elle a mise en place comme une barrière, bouclier contre tout ce qui pourrait la déstabiliser. Emane d’elle une fragilité qui l’a toujours touché à cœur. C’est ce qu’il aime chez Lou. Elle est en porcelaine. Mais pas n’importe quelle porcelaine… Celle dont la lumière révèle toute la finesse et la beauté. Translucide avec des effets moirés… Qui chatoient au soleil de la vie. Oui, il respecte ce moment, car le but de sa venue pourrait la bouleverser…

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L
J'arrive pas à dormir, il est 5h du mat, je suis revenue lire la suite du coup, je voulais en garder pour demain, mais là je peux plus attendrebizpatou
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M
Et alors ... et alors ... et alors ... ? Vite la suite !!
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V
Ah! le fumet d'une omelette au lard.......Tout a fait hors sujet, SEVEN est le titre d'un film super glauque qui m'avait un peu décu,comme souvent avec des films tirés de romans.Je pense que les romans rendent mieux les atmosphéres, mais ce n'est que mon opinion et je la partage bien sur.Je ne connais pas de film qui s'appellerait "EIGHT" alors,fonce!!!avec tous ces jours de repos....Bisous YVONPS:je n'ai pu ecouter ce que tu m'as envoyé hier (MP3 ) car " je ne sais pas..... si je le fais décrypter par ma fille pas de souci ?Merci et grosses bises YVON
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