Elle a passé la quarantaine. Elle a donc une capacité de résistance qui les rassure. Elle a survécu déjà ; Elle doit survivre encore
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Le premier, Elle la connu grâce au métier de son épouse Il nest dabord quun médecin traitant, celui dont on dit, avec une once de suffisance, quil soigne les petits bobos Il va se révéler un élément déterminant dans la reconquête de sa dignité. à Elle Il a la pugnacité de ceux qui ont la vocation Elle va vomir dans son cabinet son serpent, ce serpent dont les crocs à venin sont plantés depuis tant dannées au cur de ses entrailles, Elle a enfin fait confiance à un homme qui nen est pas un vraiment pour Elle car il a le masque vénitien du médecin
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Des murs blancs, des blouses blanches, un cordon ombilical appelé sonde Elle va accepter ce dernier Dernier cordon qui la relie à la vie physiologique, cest ce que dit lhomme blanc, accompagné de son staff médical.. Il sait, lui, Il est professeur Il ne dissocie pas le corps de lâme. Elle nest pas internée au pavillon des enfants fous
Dabord, parce qu Elle nest plus une enfant si, dans les recoins de son âme, le compteur est resté bloqué- et ensuite parce quelle est accueillie dans une structure où on va redonner au corps une dignité qui va alimenter lespoir Cest une lutte sans merci qui sengage ; Elle le sait Certains dégâts sont irréversibles Découragement, espoir, démission, sursaut. Mais le pont est jeté vers un avenir Elle va lentendre, Elle va le comprendre. Elle sait quaucun jugement nest porté, qu Elle a enfin le droit dêtre faible, LE DROIT A LERREUR. Elle va rechuter, se redresser, encore et encore Cycle infini.. Mais empli despoir
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Un autre cadre, un autre hôpital. Un homme, bac + 10 Et toute sa carrière de psychiatre dévouée à ce syndrome Un étai pour les piliers du pont Lequel doit rester élastique pour contrecarrer les avis de tempête Il connaît tous les mécanismes, tous les rouages Il sait que certains peuvent se gripper facilement. Elle lécoute, se rebelle, ne supporte pas quil devine ce qu Elle croyait nappartenir quà Elle... Arrogante, elle le défie, elle le toise, elle maîtrise Pour la seconde fois, elle se heurte à une patience sans limites qui sape ses résistances Ensemble, ils entrelacent les haubans de la rémission Rémission, qui pour être solide, doit être acceptée comme telle.
Elle va accepter ce contrat ; les efforts conjugués de ces disciples dHippocrate lui font éclater au visage que ce nest pas un contrat de dupes Elle peut survivre encore. Ils croient dans ses capacités, dans cet instinct de survie Elle, en contrepartie sengage pour <st1:PersonName productid="la VIE." w:st="on">la VIE.</st1:PersonName>
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Elle défie alors un autre animal : elle prend le taureau par les cornes dans larène de sa vie. Poulpe, serpent, taureau seront sinon domestiqués, au moins apprivoisés. Pêcheur, dresseur, matador, Elle va endosser tous les rôles. Les douze travaux dHercule, les écuries dAugias, lhydre de Lerne Un travail de titan .Mais Elle devient Ariane, ou Pénélope Elle tisse sans relâche. Les secondes sont des heures et les heures des secondes . Le temps est intemporel
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Elle vit en société ? Elle va reconquérir son estime. Société de limage ? Encore une blouse blanche : thérapeute esthétique ? Esthétiquement thérapeutique. Parcours initiatique dune renaissance physiquement sociale. Elle reconquiert sa place dans la cité : politiquement réinsérée . Elle retrouve, grâce à ce magicien Pygmalion une identité pour se fondre dans lidentique.
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