Elle est en soi, elle est en moi; elle se faufile, se contorsionne, laissant sur son passage des sillons gluants... Pantelante, haletante, je contemple l'image difforme dans la psyché. Je me hais... Je hais celle qui est dans l'incapacité de franchir les obstacles et d'apporter aux siens ce qu'ils attendent d'elle... Véritable ténia qui parasite mon âme, la laideur détruit toute objectivité... Elle dévore mes pensées, elle dévore ma vie, elle se promène en moi comme en terrain conquis. Tapie dans chaque recoin, elle jaillit en sifflant, mais aucune musique aussi douce soit-elle, ne parvient à la domestiquer... Quelquefois, pourtant, le panier se referme, et je parviens alors à respirer l'air pur... A grandes goulées avant de resombrer, en apnée...