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Coups de sang, coups de gueule... sincères...

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Eleven

Mano a les yeux grand ouverts. Pour ne pas perdre les images ; pour les graver au détail près. Portrait robot rétinien.

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Des insomniaques nyctalopes ; qui ont la faculté de glisser dans la pénombre de leur pass酠

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Le lendemain se réveille péniblement. Mya et Lou ont les yeux embrumés de fatigue, tandis que des nappes de brouillard étirent leur drap blanc dehors. Mano a plus de chance : un rayon de soleil vient soulever une paupière, le tirant d’un sommeil qui l’a terrassé juste avant l’aube.

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Une nouvelle journée commence. Rituelle. Un rituel qui efface partiellement les ombres menaçantes de la nuit. L’odeur du café envahit la ville, signal d’une future activité quotidienne. Thé ou café, les indispensables, les excitants qui vont nourrir la nécessaire « forme » d’une journée qui commence.

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Lou avale rapidement ; sa gorge est douloureuse. Un nœud s’y est formé.

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Mano boit machinalement. Il est déjà parti. Pressé.. Fuir ou agir.

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Mya s’est levée avec difficulté. Le sommeil de synthèse n’est qu’une illusion. Elle tombe lourdement sur le tabouret de la cuisine. Son attention se porte sur le courrier qu’elle a posé là, sur la table, en rentrant hier. Au milieu des récapitulatifs de soins et des publicités, une enveloppe attire son attention. Ou plutôt son en-tête. « Réservoir- Prod ». Incongrue dans le tas habituel. La curiosité l’emporte. Elle décachète. Puis laisse tomber le mince feuillet. Absente.

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Lou a rassemblé livres et cahiers. Elle attrape son cartable ; il pèse lourd ce matin. Elle ferme distraitement la porte et s’en va vers un nouveau défi : ne rien laisser transparaître de ce qu’elle endure.

Mano est déjà arrivé. Les odeurs familières choquent aujourd’hui ses narines. Il a envie de s’ébrouer, pour éliminer le poids de la poussière d’une routine accumulée depuis maintenant vingt ans.

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Cela fait des années qu’elle attendait cela ; incrédule, Mya relit le courrier. « Nous préparons une émission sur l’anorexie des adultes. Votre mail nous a touchés. Accepteriez-vous de participer à votre émission ? ». Oui, Mya s’est insurgée l’année précédente, suite à ma médiatisation de l’anorexie des adolescents. Oui, elle a rédigé un mail cinglant de désespoir.  « Tous les ados ne meurent pas ; tous ne s’en sortent pas. Ceux qui survivent n’existent pas. N’ont pas le droit d’exister. Quand se décidera-t-on à parler de ceux qui végètent dans l’ombre de la honte ? ». Un an. Il a fallu un an pour obtenir une réponse. Mais cela valait peut-être la peine d’attendre. Brutalement, une vague d’angoisse déferle. « Non, je ne peux accepter. Je ne serai pas à la hauteur ». C’est vrai que Mya ne supporte pas son image. Les médecins appellent cela « la dysmorphie ». Alors, se présenter devant des caméras, devant des milliers de téléspectateurs, c’est au delà de ses forces… Une multitude de sentiments l’agite.

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Entre désespoir et lassitude, Lou prend le chemin de l’école. Le trajet prend des allures de chemin de croix. Des pauses incessantes. Pour aspirer l’air qui lui manque cruellement. Elle parvient au portail. Y dépose sa vie personnelle. Professionnelle, Lou va entrer dans le sanctuaire en ayant gommé ses états d’âme. La gomme magique. Celle qui doit permettre d’occulter pendant six heures tout élément perturbateur.

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Perturbé, Mano l’est. Son inattention entraîne même des réactions en chaîne. Des livres mal replacés, des clients qui viennent au bureau des plaintes. Le ton qui monte, à l’égal de l’exaspération qui le gagne. Une envie incontrôlable de voir le temps défiler plus vite. Pour… Mais pour quoi, au fait ?

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L
pas de mots pour te dire combien tous tes mots me touchent au plus profond de mon ?bisous ma Lou
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L
Oui, c'?it moi... et j'ai relev?e d?... Quel que soit le moyen, je parviendrai un jour ?ontrer au monde entier que cette maladie n'est pas une volontaire. Encore moins une fatalit?. M? si je suis encore malade; m? si le poulpe qui m'enserre le cerveau refuse de l?er prise... Tout est une question de temps... Lou
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C
Bonsoir,J'ai photocopi?ur 4 pages ton histoire. Je vais prendre 3 couleurs diff?ntes pour mieux situer les h?s de ce r?t qui me para?tr?int?ssant. Donc ?ne prochaine, pour vous dire ce que j'en pense. amiti?t bonne nuit
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M
"Tous les ados ne meurent pas ; tous ne s?en sortent pas. Ceux qui survivent n?existent pas. N?ont pas le droit d?exister. Quand se d?dera-t-on ?arler de ceux qui v?tent dans l?ombre de la honte ? ». Un an. Il a fallu un an pour obtenir une r?nse." J'ai regard?'?ssion, c'?it donc toi ???? Grand Bravo. Et je vais te mettre encore la pression pour la page suivante .... Gros bisous ?oi
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