Sur les murs lisses de l'hôpital, on devine des traces noires
Mascara de la souffrance. Les notes s'y sont écrasées
Importunes, elles ont glissé, le long des parois étanches
Cris en croches ou triolets, de silences en rondes blanches
Cacophonie étouffée, celle qu'on nomme désespoir.
Tous les sons sont calfeutrés, j'aperçois une demi-pause
Qui sans doute a ricoché, elle gît, aphasique, morose
Je m'approche à pas de loup, m'agenouille auprès d'elle
Son silence m'interpelle, mais je respire son courroux
Et voilà que tout à coup, je me dis "Il faut que j'ose!"
Dans le couloir froid et triste, je me mets à fredonner
Je deviens le clown artiste, celui qui vient recolorer
Les odeurs aseptisées, métamorphose en senteurs
Celles qui vous font vous évader, vous mettent en apesanteur.
Je chante le vent dans mes cheveux, les embruns sur mon visage
Je chante les rivages heureux, et mes courses sur la plage
Hermès me prête ses ailes ; je transporte un message
Il m'est cher et précieux : un simple rayon de... soleil....
Lou