Des murs, des murs... des couloirs, des couloirs... Dans le labyrinthe, une chambre. Froide, impersonnelle, aseptisée. Une forme, informe, résignée. Mon père? Oui, c'est bien lui. Dépersonnalisé, déshumanisé.
Un jardin. Des allées, des parterres, des allées, un dédale. .. de verdure. Dont chaque détour a une mémoire. La mienne. Il y a combien de temps déjà? Je ne sais pas, je ne sais plus.
Un îlot de quiétude dans la tourmente de la vie et de la ville. Des bancs pour respirer, lire, s'évader... dans le présent, dans le passé. Les images se brouillent, se fondent... Le temps n'a plus de prise.
Je suis assise à cette table, au bar des glycines, le bar du "Fer à Cheval", le nom de ce jardin public, et je me contemple. Les toboggans, les tourniquets, les cris des enfants me font glisser, tournoyer vers ces années lointaines où l'insouciance guidait mes pas vers cet avenir au présent qui nous donne un sentiment d'éternité.
Maintenant, je sais. Je sais que je n'aurai pas le temps... "Même en courant, même en volant.. plus vite que le vent... J'ouvre tout grand mon cœur, j'aime de tous mes yeux, c'est trop peu... Pour tant de cœurs, pour tant de fleurs. Des milliers de jours, c'est bien trop court... "
Mais je sais aussi une chose : "Papa, je t'aime".