Un chemin vicinal, puant, nauséabond
Et sous les hautes herbes, des tabous à foison
Marécage dans lequel le cœur s'ankylose
Enlisement fatal quand l'innocence explose.
Une route en lacets pour accéder au col
Précipices glacés, parapets faux-fuyants
Les mensonges jalonnent l'ascension, trait de khôl
Qui marque, indélébile, la côte comme un carcan
L'arrivée au sommet, vertigineuse ivresse
Quand le regard embrasse l'autoroute horizon
Que se déchire enfin le voile qui vous oppresse
Car vous avez gagné ce droit de préemption
Choisir votre destin, toutes ses bifurcations
Rejoindre le soleil sans jouer Phaéton
Simplement pour jouir de ce qui est, sera,
La route de l'avenir, elle, s'ouvre sur nos pas.
Myosotis au printemps, coquelicots en été
Il suffit de semer, au sein des champs de blé
Être fait d'espérance, voire de crédulité
Pour que l'asphalte chante l'amour et l'amitié.