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Coups de sang, coups de gueule... sincères...

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A la demande expresse... Five...

Les mots qu’elle a prononcés, impossible à décrypter pour le commun des mortels renforcent leur complicité. Oui, ils sont à l’hôpital, au CHU, véritable caverne dont le passe est une feuille de soins, remplie de codes-barres, qui ouvre miraculeusement les sas, sésames de prise en charge par les différents Aladin qui n’ont pas toujours de lampe magique..  Elle sent le bien être envahir ses veines, celui d’une symbiose tacite, celle qui donne l’impression que l’on n’est plus seul…

Grisée par le sentiment qui l’habite, elle lance d’un ton enjoué :

-         Quel est ton nom ?

Le tutoiement s’est imposé à elle, naturel, logique dans leur appartenance commune à un groupe, à une caste de parias… Il ne paraît pas surpris d’ailleurs et accède à sa requête le plus naturellement du monde aussi.

-         Je me prénomme Tian… Et toi ?

-         Moi ? C’est Mya… Tu n’as pas un nom commun..

-         Toi non plus il me semble !!! Quelle est son origine ?

-         Tu vas être déçu ! (elle sourit)…. En réalité, je m’appelle Marianne… Figure allégorique… Lourd fardeau ! C’est pourquoi je préfère Mya…

-          Mya… (Il répète le nom d’un air rêveur). Mya… Mia… Je pensais qu’il venait de l’italien…

-         Tian est aussi un prénom d’artiste... Quel est ton métier ?

-         Je n’ai plus de métier, je ne suis plus rien…

Une ride sévère lui barre soudainement le front. Mya regrette instantanément sa question.

      -    Excuse moi, je ne voulais pas te blesser.

-         C’est moi qui suis stupide. Ce n’est pas apparemment pas à toi que je vais apprendre la descente aux enfers qui conduit à l’isolement total. « Désocialisé » : quel mot barbare… Cruel et trop réel… La seule société que je côtoie désormais est uniformément vêtue de blanc… parfois de bleu ou de rose, couleurs repères dans le monde hospitalier.

-         Bleu, blanc, rose, oui… L’insigne qui nous sert de phare…

-         Oui, un véritable étendard pour un combat sans merci…

La cigarette de Tian a fini de se consumer ; les gobelets sont vides également, signifiant la fin de l’intermède. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne semblent vouloir rompre ce moment privilégié. Pour eux, les bruits de la ville hospitalière se sont tus. Ils sont isolés dans une bulle immune qu’ils n’ont pas envie de percer. C’est pourtant avec effort que Tian relance la conversation :

-         Et toi, travailles-tu ?

-         A vrai dire, pas pour l’instant non plus. Nous sommes logés à la même enseigne, celle de la course pour la vie…

-         Je m’en doutais un peu. Et le parcours est semé de tant d’obstacles…

Il soupire. Elle sent son désarroi. Il a l’air si fragile… Elle attend.

-         Je me bats depuis tant d’années… Et la lutte est sans merci. Voilà que mon corps, le traître, me joue des tours… Mais je ne veux pas t’ennuyer avec cela…

-         Tian, je vais t’avouer : c’est la première fois que je prends l’initiative d’aller au devant d’un homme…

-         J’inspire à ce point la pitié ?

Elle sent la colère sourdre dans ces mots… Elle répond précipitamment :

-         Non, non, pas la pitié. L’empathie… Celle qui fait que l’on se sent proche de l’autre, inexplicablement…

Il semble rasséréné.

-         Oui, tu as raison. Je t’ai vu m’observer dans la salle d’attente. Ton regard était magnétique…

Elle rougit jusqu’à la racine des cheveux.

-         Je, je … ne voulais pas paraître indiscrète…

-         Rassure-toi ! Je ne t’en veux pas. Tu avais l’air d’un petit oiseau à la fois audacieux et effrayé…

La définition est si juste que Mya ne sait quoi répondre.

-         Je ne sais pas ce qui s’est passé. Tu sais, je viens ici depuis des années. Et c’est la première fois que…

-         Ne te justifie pas… La main que tu m’as tendue était providentielle. Elle m’a permis de dépasser ce fichu quart d’heure.

Mya sent que l’échange touche à sa fin. Elle ne sait que faire pour le retenir. Elle voudrait, elle voudrait…

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Lou ne sait plus ce qu’elle veut. Glace qui fond, pâte à modeler, glaise, marionnette, elle est tout cela. Le simple contact de la main chaude sur son visage a provoqué une ébullition dans tout son être. Oui, elle bout… Elle est même en fusion. Eruption volcanique : les mots jaillissent tels les flots de lave :

-         José,, José…

-         Oui, Lou ?

Elle a bredouillé ; il a répondu avec une douceur et une sensualité qui brisent définitivement sa résistance. Elle ferme les yeux. Le contact de ses lèvres sur les siennes a à la fois la fraîcheur de la menthe et la chaleur d’un piment exotique. Curieux mélange, dans tous les cas irrésistible. Elle se laisse aller. Défiant le lieu, défiant le temps. Sa langue a le goût du miel. Elle s’enlace avec la sienne pour un baiser long, prolongé qui les unit corps à corps. Des minutes qui gomment des années. Des secondes au goût d’éternité. Foudroyée ; elle est foudroyée… Un toussotement brise la magie de l’instant. Une tête est apparue dans l’encadrement de la porte…

-         J’ai frappé, mais comme tu ne répondais pas..

C’est sa collègue qui vient de parler. Eux, ils se sont écartés à la vitesse de l’éclair.

-         Je suis désolée de vous avoir dérangés. Je reviendrai plus tard.

La porte se referme aussi vite qu’elle s’était ouverte… Lou regarde José, José regarde Lou. Et brusquement, inexplicablement, ils éclatent de rire, en même temps. Un rire joyeux, sans fard, ce rire qui les a unis tant de fois. La honte, la gêne ne les effleurent même pas. Exit les préjugés, les angoisses conventionnelles. Ils partagent simplement un moment de pur bonheur. Lou sent la sève monter en elle, sève d’un printemps renouvelé, qui fait éclore le bourgeon du désir. De l’amour. De l’envie… de vivre…

 <o:p></o:p>

Mano semble avoir mis sa vie entre parenthèses. Les heures qui s’écoulent dans le grand sablier du temps ressemblent à des siècles. La pause déjeuner arrive enfin. Il a mangé pour la dernière fois il y a 400 ans. Et encore, « mangé » est un bien grand mot. Le petit déjeuner frugal a cessé son office depuis au moins 14400 jours-secondes… Pourtant ce n’est pas la faim qui le tenaille. C’est l’envie d’échapper à ce lieu qui de sanctuaire est devenu prison. Oui, il se sent prisonnier de ses habitudes, de cette routine qui jusqu’alors l’a sauvegardé...Il se sent vieux. Presque aussi vieux que ses protégés. Il gagne la sortie ; le parquet rhumatisant  craque, gémit, corroborant  l’impression désagréable qui a submergé Mano. C’est avec soulagement qu’il franchit le seuil de la bibliothèque. La cacophonie de la vie extérieure le frappe pourtant de plein fouet.

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Elle aurait voulu le retenir encore et encore. Mais la valse des blouses blanches a repris ses droits et tous deux voient le charme rompu par une sirène tonitruante.

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Dans la classe, le silence est total. Ce sont les mots des yeux qui parlent. Mots images. Mots complices. Mots enjôleurs. Mots séducteurs. Une gamme qui se décline en demi tons, tout en douceur. Un regard. Des regards. LE regard. Celui qui reste gravé sur la rétine de l’autre, celui qui dit sans dire, pour dire. Regard conjugué, regard mélodieux. Regard harmonieux. L’étoile polaire y danse au milieu des constellations. Cassiopée, Grande et Petite Ourse, Le Chien, etc. La Voie lactée s’est ouverte, pour les nourrir de l’infini.

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M
Tr?belle ?iture, toujours tr?efficace. Bravo. Demain, je lis la suite.Amiti? MJ
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L
l'amour y'a que ça de vrai, il guérit bien des mauxbizpatou
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M
Ah l'Amour !!! l'Amour qui sauve de tout ! L'amour avec un grand A ! Pourvu qu'Il sauve tous tes personnages de leurs vies ! Je garde la 6 et la suite pour demain.
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V
J'ai adoré.....Félicitations ! Tu es vraiment douée pour écrire. A quand la suite ou autre chose ? Bizous
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V
ah ben moi,moi aussi j'attends la suite lol bisoussssssss
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